Chau Doc, An Giang, Vietnam

June 13, 2017

Chau Doc est une ville située dans le delta du Mekong, au sud du Vietnam, près de la frontière cambodgienne. Anciennement appelée Moat Chruk (la bouche du port en khmer), elle devint une ville vietnamienne il y a 300 ans. On y trouve un site archéologique que les Cambodgiens considèrent comme le plus ancien site du royaume khmer, le Fou-nan. Près de la ville se trouve le mont Sam, une montagne dédiée au culte dont les temples témoignent de la richesse spirituelle. On peut y trouver la pagode de Tay An, construite en 1847, mais aussi le mausolée de Thoai Ngoc Hau et le sanctuaire de la déesse Chua Xu.

La ville s’est spécialisée dans la fabrication d’une sauce de poisson, le nuoc mam. Située près de la frontière cambodgienne, c’est un carrefour commercial important avec un marché flottant très animé, un village flottant qui vit de la pisciculture, et des maisons sur pilotis qui bordent la rivière Hau Giang (ou Bassac en cambodgien).

An Giang

Les Vietnamiens venant du nord sont arrivés dans la région au 17ème siècle et appelèrent cette province An Giang, qui vient du sino-vietnamien « la paisible rivière », en 1832.

En 1978, des incursions des Khmers rouges dans cette province ont fait des milliers de morts.

La province est depuis devenue « héroïne des forces armées populaires » et son économie repose sur la production de produits dérivés de poisson et de crevette, dont le mam thai de Chau Doc (poisson mariné à la papaye verte rapée). Elle compte cependant développer le tourisme dans la région en exploitant le site archéologique d’Oc Eo, qui fit du commerce avec l’ancien empire romain. Riche de ses ethnies multiples et variées et de sa nature, An Giang possède des villages qui, à l’image des Chams, gardent intact les coutumes de la vie quotidienne. L’écotourisme se développe afin de faire découvrir une faune et une flore très particulières d’une région humide et sauvage. A côté de ces centres d’intérêt touristique, des maisons flottantes exercent l’aquaculture le long de la rivière.

Thoai Ngoc Hau

Thoai Ngoc Hau (1761 – 1829) était un haut fonctionnaire militaire de la dynastie des Nguyen. En 1926, un mausolée fut édifié en hommage à ce héro national qui défendit le pays face aux attaques du Royaume Siam et du Royaume Khmer.

Ba Chua Xu

D’après l’archéologue Louis Malleret, la statue représente le dieu Shiva qui a été placée au sommet du mont Sam, à l’époque du royaume khmer, qui était indianisé, et témoignait d’un culte ancien à un dieu hindou dans ces montagnes. La découverte de cette statue par les Vietnamiens bien plus tard, fait l’objet de légendes et récits. Le point commun entre ces légendes est que la statue fut déplacée et un temple a été érigé à l’emplacement actuel, dédié à la déesse Ba Chua Xu, nom donné à la statue.

Une légende raconte que Thoai Ngoc Hau eut la protection de la déesse Ba Chua Xu grâce aux prières de sa femme, Chau Thi Te. Elle demanda la protection de la déesse Ba Chua Xu sur son mari qui repoussait les attaques des Khmers dans le sud du pays en allant au sanctuaire au mont Sam. Thoai Ngoc Hau apporta la paix dans la région et Chau Thi Te, pour montrer sa gratitude envers la déesse, fit rénover le sanctuaire et donna des festivités durant trois jours dans le temple, qui devint par la suite une fête annuelle pour célébrer la déesse Ba Chua Xu.

Ce temple devint un lieu de prière pour demander la protection de la déesse Ba Chua Xu dans les affaires, les études, la vie familiale, la chance, la sante, etc..

Mont Sam

Le mont Sam est un lieu sacré avec de nombreux temples et pagodes. On y trouve entre autre le mausolée de Thoai Ngoc Hau en hommage à ce héro national qui défendit et imposa les frontières actuelles entre le Vietnam et le Cambodge, le sanctuaire de Chua Xu en guise de gratitude de la protection de la déesse, ou encore la pagode de Tay An.