L’ICONIQUE CHAPEAU CONIQUE VIETNAMIEN

March 13, 2018

5/5 - (2 votes)

Elégant, fin, gracile, délicat… Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le chapeau conique vietnamien. Cet accessoire féminin, fleuron de l’artisanat vietnamien, subtil assemblage de bambou et de feuilles de latanier, est un symbole de charme qui séduit toujours les femmes sans aucune distinction de classe ou d’âge.

Le chapeau conique vietnamien au quotidien

Le chapeau accompagne les femmes tout au long de leur vie. Inséparable l’un de l’autre, ils traversent l’existence en harmonie. Aux heures les plus chaudes de la journée, il protège du soleil mais aussi de la pluie tropicale, les travailleuses agricoles. Tout aussi raffiné que rigide et résistant il permet de s’éventer avec efficacité. On aperçoit souvent les grands-mères chargées de la garde de leurs petits enfants les aérer ainsi lors de leur sieste.

Le chapeau fait aussi partie de toutes les cérémonies et festivités. Au jour du mariage, il est le lien qui unit mère et fille au moment où celle-ci quitte la maison familiale. La mère coiffe délicatement sa fille d’un chapeau pour lui offrir protection et sécurité. Plus qu’un long discours le chapeau dit tous les mots d’amour qu’elle porte en elle.

Pour certaines de leurs collections de célèbres stylistes en ont fait des accessoires qu’ils ont su adapter avec classe. Il est extraordinaire de constater comment le chapeau conique vietnamien traverse les siècles sans se démoder. Il est aussi le complément indispensable à ‘ l’ao dai ‘, la célèbre tunique traditionnelle, que cela soit pour une réception, un défilé de mode ou un concours de beauté, sa grâce et son raffinement équilibrent avec délicatesse la tenue des femmes vietnamiennes.

Le chapeau vietnamien dans sa diversité

 

L’artisanat vietnamien propose d’autres modèles que le chapeau conique, confectionnés eux aussi à base de bambou et de feuilles de latanier. Aux bords plats et très larges, surmonté d’un dôme, le ‘Quai thao’ a longtemps été porté par les femmes du nord vietnamien. Il est aujourd’hui l’attribut d’artistes folkloriques du nord qui en couronnent leur tête lors de représentations de chants alternés. Pour profiter de ce spectacle et en admirer les artistes les plus emblématiques, il est conseillé de prendre la direction de la province de Bac Ninh.

Il existe, bien-sûr, des modèles pour les hommes mais le ‘Non La’, l’iconique chapeau vietnamien, reste l’apanage des élégantes femmes vietnamiennes.

Il est en revanche difficile de dater précisément l’arrivée de ce chapeau et d’en nommer son créateur mais il est depuis longtemps considéré comme le symbole représentant les paysans vietnamiens et le Vietnam tout entier. Si l’on veut suivre le fil de l’histoire, sa première apparition remonterait à plusieurs milliers d’années.  Des tambours et jarres de bronze datant de 2 à 3 millénaires avant notre ère sont gravés de dessins sur lesquels on peut déceler le chapeau conique vietnamien. Une légende accompagne sa naissance. Pour refouler et résister à l’envahisseur Ân, le génie Giong portait un chapeau conique en métal qui résistait aux flèches tirées par l’ennemi.

La fabrication du chapeau conique

L’artisanat vietnamien est un trésor d’inventivité qui ne cesse d’attiser la curiosité des touristes. Des gestes précis, une technique et un savoir-faire transmis de génération en génération pour proposer un produit de grande qualité et d’une beauté intemporelle. Le chapeau conique vietnamien ne déroge pas à cette règle. De la préparation des éléments qui le constituent jusqu’à leur assemblage, connaissance, concentration et minutie sont de mises. Les feuilles de latanier doivent tout d’abord être récoltées au bon moment. Ni trop jeunes ni trop vieilles, étalées sur le sol, elles profitent des bienfaits du soleil pour sécher. L’astre ayant fait son œuvre, elles sont lissées à l’aide d’un tampon sur une forme en métal chauffée par un petit braséro.

La structure du chapeau est elle composée de tiges de bambou assemblées à partir de la base du chapeau, un cercle parfaitement rigide lui aussi en bambou assurant ainsi la parfaite forme du couvre-chef. Cette forme est alors couverte de plusieurs couches de feuilles de latanier cousues entre elles et sur la forme. Tout le travail s’effectue à la main. Un chapeau de qualité nécessite plusieurs heures d’un travail minutieux.

La géographie du chapeau conique

Le chapeau est présent dans toutes les régions du pays. Sa forme ne diffère guère d’une province à l’autre, ce sont plutôt les décorations et surtout la structure qui permettent de les différencier. Seuls les chapeaux de l’ethnie Tày se distinguent des autres productions par leur couleur rouge très caractéristique.

C’est dans la banlieue ouest de la capitale, Ha Noi, dans le village de Choung que l’on trouve le plus gros centre de fabrication du chapeau. Il est un des représentants de l’efficacité de l’artisanat vietnamien. La fabrication du chapeau assure 80% de ses revenus. Les artisans travaillent évidemment pour le marché intérieur mais ont su se tourner vers les marchés à l’exportation face à l’évolution des usages quotidiens du port du chapeau. Les grands centres urbains voient peu à peu son utilisation délaissée au profit d’autres protections. Deux fois par mois lunaire le village est le témoin d’une fébrile activité. Les 4éme et 10éme jours le marché d’approvisionnement pour la fabrication du ‘Non La’ bat son plein. Le village n’étant qu’un centre de fabrication, les artisans se fournissent en matière première auprès de paysans de différentes provinces. Les agriculteurs de la région de Yen Bai distribuent le bambou, pour les fibres ce sont les paysans de Hoa Binh et Phu To. Les feuilles de latanier arrivent directement des provinces de Quang Binh et Ha Tinh. La structure, les cercles den bambou ou les fils de fougère viennent eux aussi de plusieurs provinces.

Pour trouver des productions différentes, en quittant Ha Noi pour le sud, il faut se rendre à Than Hoa où la technique de fabrication utilisent une armature à 20 ourlets. Mais c’est à Hué, ancienne capitale impériale, que l’on trouve les plus beaux ouvrages. D’une finesse lui conférant une élégance indéniable, le chapeau est incrusté de dessins et poèmes qui se révèleront discrètement sous les caresses du soleil, certaines de ces productions artisanales pouvant s’apparenter facilement à du travail de haute couture. C’est dans le quartier de Phuoc Vinh que l’on peut trouver ces artisans-artistes. Ils assurent la fabrication complète de leurs œuvres, du choix des feuilles de latanier jusqu’à l’assemblage de toutes les parties. Les femmes et filles d’ici semblent porter avec plus de fierté le chapeau conique vietnamien, cela est certainement dû à l’attention portée par l’artisan à l’allure de ses réalisations. Un équilibre de délicatesse qu’eux seuls semblent maitriser.

Si vous êtes séduit par la beauté du chapeau conique vietnamien et souhaitez ramener une belle production, 50000 VND (2€) suffiront à satisfaire votre bonheur !

En ville, le casque moto a remplacé le port du chapeau mais quand au détour d’une rue ou d’un marché on voit apparaître une femme coiffée d’un ‘Non La’ le charme opère encore et toujours.

En dehors des cités, le chapeau fleurit un peu partout. Parsemant les champs de jolies formes géométriques, donnant aussi aux rues des villes et villages de province une atmosphère surannée qui participera à la poésie de votre séjour.