Lang Son

June 13, 2017

Située au nord ouest de Hanoi, tout près de la frontière chinoise, Lang Son est à la fois la ville qui vit la victoire de la colonie française sur la Chine en 1885, mais aussi la province d’où Ho Chi Minh et ses soldats menaient une lutte armée pour l’indépendance, il y a plus de 60 ans. Cependant, l’objet de ce voyage au Nord du Vietnam se trouve dans les reliefs de ses montagnes, qui sont, comme on l’a vu, une zone militaire stratégique à la frontière sino-vietnamienne, mais aussi une source d’inspiration pour les légendes.

Arrivé en centre ville de Lang Son, on aperçoit le sommet de “la montagne de la femme qui attend son mari” (Hòn Vọng Phu en vietnamien). La silhouette du sommet est un rocher qui a l’apparence d’une femme debout avec son enfant dans ses bras. Le voyage au Vietnam continue alors avec la légende de la femme qui attend son mari.

La légende de la montagne “Hòn Vọng Phu” raconte l’histoire d’un frère et d’une soeur qui ont grandis dans une famille modeste, dont les parents étaient des gens simples qui ne se plaignaient pas de leur sort, éduquant leurs enfants dans le plus simple des bonheurs. La maman et ses deux enfants allaient comme d’habitude chercher du bois mort dans la forêt. Le frère s’amusait avec la hache quand elle lui glissa des mains et frappa sa soeur à la tête. A la vue du sang, le jeune garçon prit la fuite, se culpabilisant d’avoir commis un acte monstrueux. Cependant, la blessure, bien qu’impressionnante, était sans danger pour la jeune fille, et elle s’en sortit avec une vilaine petite cicatrice. Les parents et leur fille cherchèrent désespérément le garçon. En vain. Après une vie de labeur sans espoir, les parents moururent l’année même où leur fille venait d’avoir 16 ans. La jeune femme alla faire sa vie dans une riche famille de Lang Son. Comme toutes les jeunes femmes de Lang Son, cette belle orpheline fonda une famille et épousa un homme venu de Chine. Ils eurent un beau garçon. Un jour, l’époux remarqua une cicatrice à la tête de sa femme: à peine eut-elle commencée à raconter l’anecdote de la cicatrice que l’homme fut pris d’un remord soudain et quitta le foyer pour ne plus jamais y revenir. L’épouse n’eut pas compris le coup du sort qui frappa à nouveau son frère, et dans sa détresse, alla au sommet de la montagne voisine pour appeler son mari. Chaque jour avec son enfant dans les bras, elle montait dans la montagne pour guetter à l’horizon le retour de son mari.

Elle répéta ce rite tellement de fois que le Ciel, pour mettre fin à son chagrin, transforma la femme qui attend son mari, en pierre, et dont on peut voir aujourd’hui un rochet rappelant la forme d’une femme debout avec son enfant dans ses bras, symbole de la constance de l’épouse.

L’étape suivante du programme est la découverte des fameuses grottes de Tam Thanh (les Trois Purs en vietnamien). On emprunte des marches taillées dans le sol même de la montagne pour monter vers un sentier à la végétation luxuriante. L’entrée de la grotte fait 8m de haut dont les chauves-souris ont élu domicile. Le site comprend en réalité trois chambres: Nhat Thanh, Nhi Thanh et Tam Thanh.

Tam Thanh est en fait, une pagode construite dans la grotte, sous la dynastie des Lê postérieurs. On y trouve parmi les statues de Bouddha, des inscriptions sculptées sur la paroi des couloirs et des petites salles, figeant dans la pierre une riche culture en poésie et en littérature datant du 17ème siècle. On quitte ce lieu de culte pour entrer dans une chambre qui donne sur Nhat Thanh et  Nhi Thanh. Ces deux dernières parties de la grotte sont profondément creusées par une rivière souterraine. Elles offrent un paysage plus sauvage, tableau pittoresque de stalactites et de stalagmites que l’on a l’habitude de voir dans les cavernes de la baie d’Halong.

La randonnée au Vietnam se poursuit par une excursion au mont Mau Son qui se dresse du haut de ses 1 541m. Après une bonne vingtaine de minutes en voiture, on arrive au pied de la chaine montagneuse pour faire ensuite à pied, les 15km au milieu d’un décor de toute beauté, parsemé de falaises et de gouffres avant d’atteindre le sommet du mont. De là, les visiteurs peuvent admirer le panorama portant aisément jusqu’à la ville de Lang Son. Au printemps, toute la région de Mau Son flamboie sous les fleurs rouges de pêchers. Les pêches, grosses et savoureuses, ainsi que le thé vert, sont des spécialités locales. Parsemées sur les versants des montagnes, on aperçoit des habitations de l’ethnie Dao. C’est la prochaine étape du périple où l’on se dirige vers l’ancien sanctuaire de Mau Son, en traversant ce Sapa du nord qui trouve un charme blanc particulier durant l’hiver, pour arriver vers un centre religieux des ethnies minoritaires de la région. Sur la route, on passe devant un champ de pierre classé que l’on ne trouve nulle part ailleurs: il s’agit des restes d’un ancien tombeau de l’ethnie Dao, constitués de sept blocs de pierre. De l’ancien sanctuaire, il ne reste que les fondations et quelques bases de pilier en pierre, quelques murs, une porte et des perrons. Selon les historiens, cet ensemble composé d’un temple et de deux tombeaux date du Xème siècle.